Un film de Luc Marescot avec Maud Fontenoy Duree : 1h15 mn
L'histoire En octobre 2006, Maud Fontenoy est partie de L'île de La Réunion pour réaliser un tour du monde à la voile « A contre courant », contre les vents et les courants dominants.Un challenge tout aussi sportif qu'humain, suivi à la trace par une dizaine de caméras fixes et mobiles. Une aventure qui l'a poussée au-delà de ses limites, nourrissant encore davantage son désir viscéral de transmettre aux autres l'espoir. Partie non pas pour battre un record, mais bien pour défendre ses valeurs profondes (la défense de l'environnement, la détermination à franchir les obstacles), c'est plus de 20 000 enfants de la cité de Meaux, ville de sa naissance, qu'elle a entraîné avec elle dans ses rêves et dans le dépassement de soi.
A trente ans à peine Maud Fontenoy n'a cessé d'enchaîner les défis par amour pour la mer et la navigation.
2003 : Première féminine de la traversée de l'Atlantique nord à la rame. 2005 : Première féminine de la traversée du Pacifique à la rame. 2007 : Première française à réaliser le tour du monde à la voile et à contre courant.
Extraits du carnet de bord de la navigatrice. Jeudi 19 octobre 2006 Quatrième jour de mer. Les premiers jours ont été difficiles et j'ai beaucoup pleuré. J'ai eu beaucoup de mal à m'alimenter et à m'accorder des tranches de sommeil, mais je commence à m'adapter au bateau. Je fais attention quand le vent souffle fort car L'Oréal Paris ne pardonne aucune erreur. Pour l'instant, mon corps se rebelle, mais je savais que le début ne serait pas facile !
Jeudi 2 novembre 18 jours en mer. Le cap de Bonne-Espérance est derrière mais ne reste pas forcément un excellent souvenir. Le premier cap passé, l'Atlantique me laisse une chance de rejoindre le cap Horn...
Vendredi 8 décembre Le passage du cap Horn. J'ai plusieurs dépressions qui foncent sur moi et j'ai actuellement 45 noeuds de vent avec plus de 6 mètres de creux. C'est une navigation douloureuse : L'Oréal Paris et moi sommes secoués dans tous les sens. Ça reste néanmoins un grand bonheur, et j'ai vraiment l'impression d'avoir accompli quelque chose. Ce soir, j'ai deux caps acquis, et maintenant je vais m'approcher de l'été austral, ce qui devrait être signe de conditions moins difficiles, du moins je l'espère ! Cependant, je dois rester concentrée et vigilante, car la route est encore longue devant moi.
Dimanche 14 janvier 2007 Passage de la pointe sud de la Nouvelle-Zélande. Il s'agit là du point le plus Sud du parcours, et normalement je vais bientôt mettre cap plus au nord et rejoindre des zones de navigation un peu plus clémentes et chaudes. La prochaine grande étape sera le passage du continent australien, ce sera alors la remontée vers la Réunion et, j'espère, moins de tempête. Maintenant, il me tarde vraiment d'arriver car je commence à être usée physiquement et moralement par toutes ces tempêtes ! Je croise les doigts pour arriver vers la fin février et boucler mon tour du monde !
Samedi 10 février Démâtage de L'Oréal Paris. 119e jour de mer, 900 milles nautiques des côtes australiennes (environ 1 650 km), dans l'océan Indien. J'avais 20-25 noeuds de vent avec une grosse houle. Le mât est tombé dans un bruit pas possible. Pourtant, j'ai vu tellement plus dur comme conditions avec le bateau. Je suis sous le choc. C'est assez effrayant d'être là.
Dimanche 11 février Je veux continuer. Aux premières heures du jour, je me suis mise au travail pour libérer le pont dix heures durant. Le mât brisé en deux refusait d'abord de lâcher prise. J'ai cogné, tiré dessus, arc-boutée à me rompre le dos. J'en suis ressortie lessivée. Je ne pensais pas qu'un jour j'arriverais à faire ça dans ma vie et que je réussirais. J'ai mal partout, je suis couverte de bleus et j'ai les mains en sang. J'ai une allergie aux yeux à cause de la poussière de carbone. Je dois désormais me reposer un peu, mais il faut rester vigilante. Pendant quelques heures, je vais me forcer à dormir. Aujourd'hui, j'ai passé l'étape nettoyage. J'ai un bateau qui est sain, dans lequel je suis en sécurité. Demain, j'irai sur le pont pour tenter de faire un gréement de fortune. J'ai conservé la bôme à bord, et je tenterai de monter une petite voile.
Lundi 5 mars
La Jeanne d'Arc est à vue. 900 milles du but. Je n'en ai pas cru mes yeux. J'avais les larmes aux yeux en voyant la banderole qu'ils avaient préparée !
Mardi 13 mars Dernière nuit en mer. Je reste muette d'émotion, la gorge serrée, le coeur qui tambourine dans ma poitrine, je crois que rien n'a jamais été plus beau que cet instant. Un sentiment de paix incroyable m'enveloppe comme un voile léger. Mes jambes tremblent.
A propos du réalisateur Luc Marescot
Réalisateur et spécialiste d'aventures et d'étendues maritimes (Les Montagnes du silence - 2005 -, Les Mystères de Clipperton, Carnets de plongée, Expédition Clipperton -2006-), Luc Marescot s'intéresse dans Maud Fontenoy - A contre courant , à une expérience exceptionnelle, celle d'une traversée du monde pas comme les autres... A travers ce documentaire, il la suit depuis le premier jour de sa préparation jusqu'au point final de son périple à la Réunion prés d'un an plus tard. Il partagera avec elle chaque jour de son défi, son soutien avec sa famille, et son extraordinaire complicité avec les enfants de la cité de Meaux. Plus d'infos sur la navigatrice Maud Fontenoy et sa Fondation sur le site : www.maudfontenoy.com/ |